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ARCHITECTURE

du Château de LA RUE

Un voyage de pierre en pierre,
du Moyen Âge à la Renaissance

Suivez les lignes de pierre, elles vous mèneront au cœur du temps.

Le Château de LA RUE est bien plus qu’un monument : c’est une leçon d’architecture vivante, un témoignage sculpté dans la pierre du génie des bâtisseurs d’autrefois.

Construit au Moyen Âge il a été progressivement transformé à la Renaissance pour devenir un lieu de résidence, d’apparat et de confort. Chaque pièce raconte une époque, chaque détail révèle une fonction, une technique, une vision du monde.

Explorer l’architecture du Château de LA RUE, c’est entrer dans l’intimité d’un lieu habité, comprendre comment on y vivait, s’y protégeait, y recevait. C’est aussi admirer des éléments uniques dans la région, fruits d’un savoir-faire ancestral transmis et adapté au fil des siècles.

Laissons Jean SECRET (archéologue et historien)
nous conter quelques aspects du Château de LA RUE *

Le château de LA RUE s’élève à 500 m N.E. du village de Sauveboeuf-de-Lalinde, près du village de Drayaux (ancienne paroisse), non loin de l’intersection de la R.N. 703 avec la D. 31 qui conduit, à Mauzac; il domine le camp de détention de Mauzac. Stratégiquement, remplacement était bien choisi : la surveillance qu’exerçait Badefols sur la rive gauche de la Dordogne, La Rue l’exerçait sur la rive droite, mais pas au bord du fleuve, assez près cependant pour guetter les cheminements de la vallée ainsi que l’accès à celle-ci par le nord. […]

[…] Le plan général de la forteresse est un vaste rectangle dont les grands côtés sont au nord et au sud. Au sud et à l’ouest, de hautes murailles talutées et le rocher à pic surplombent la vallée ; au nord et à l’est, la défense était assurée par un rempart avec chemin de ronde, précédé d’une douve.

A l’est, s’ouvrait dans le rempart une porte fortifiée par un châtelet ; un pont dormant, remplaçant un pont-levis disparu, franchissait la douve et accédait à une porte sous un arc plein cintre, dominée par un cartouche armorié qui fut martelé probablement à la Révolution. […]

[…] La façade sud de ce logis conserve deux baies du XIII siècle sous des arcs brisés, moulurés, qui retombent sur des bandeaux sculptés de têtes de clous. Une baie à meneau du XV est ouverte sous un arc en accolade près de deux baies de la Renaissance et de traces de baies aveuglées. Deux corbeaux de mâchicoulis rappellent un chemin de ronde disparu. […]

[…] Contre ce logis s’appuie, au sud, une haute tour hexagonale du XVI siècle, construite en bel appareil régulier et contenant un escalier en vis. On y accède par une porte élégamment moulurée, percée sur la face orientale de la tour ; son linteau est encadré par une mouluration en arc brisé et par des fleurons; il est surmonté par une archivolte sculptée de feuillage. Ce linteau porte un écu parti portant à dextre la demi-croix ancrée des d’Aubusson, à senestre la moitié de la bande et bordure aux besants d’or des d’Abzac. […]

[…] Au-dessus de la porte, la face orientale de la tour est percée de trois étages de baies. Celle du premier étage, très ornée, est décorée de fleurons; son appui est sculpté de dents de scie. La baie du second étage est sous une discrète accolade; celle du troisième, rectangulaire, est percée dans une bretèche qui repose sur trois corbeaux de pierre que relient des arcs en accolade. […]

[…] La face ouest de la tour est percée de quatre petites baies rectangulaires. A sa troisième révolution, l’escalier s’achève par une admirable voûte en palmier. Ses six nervures d’ogives retombent, vers l’extérieur, sur des culs-de-lampe sculptés, l’un de deux têtes humaines, l’autre d’un groin de porc, un autre d’une fleur de lys, les autres de feuillage. Au centre, la retombée se fait sur une colonne amortissant le noyau de la vis, colonne dont le chapiteau est sculpté de feuillage. Une nervure annulaire recoupe les nervures d’ogives, déterminant ainsi six clés, dont trois sont frustes, deux sont sculptées de feuillage, la dernière du monogramme IHS. […]

[…] A partir de la seconde révolution de la vis, une petite tourelle d’escalier en vis est soudée au nord de la tour polygonale. Cette seconde vis, en encorbellement, est de section circulaire. Elle donne accès à une pièce disposée au-dessus de la voûte en palmier, pièce qui avait un usage défensif car elle conserve, à l’est, une bretèche dont les mâchicoulis permettaient de battre la porte de la tour. Cette pièce est curieusement voutée d’un cul-de-four semblable à ceux des absides romanes. […]

[…] Le logis s’enorgueillit encore de deux intéressantes cheminées du XV siècle et, ça et là, de curieuses peintures murales qui vont du XV au XVII siècle. Ici, ce sont des faux-joints encadrant un faux appareil polychromé ; là apparaissent des décorations géométriques, ailleurs un vase de petites fleurs, une branche de chêne avec une multitude de glands. Un linteau de porte est décoré d’un bandeau de feuillage. En vérité, à voir ce qui subsiste de peintures murales, on peut penser que l’ensemble des chambres du premier étage était revêtu de peintures, y compris les ébrasements des fenêtres. […]

* Extraits issus de « NOTES SUR LE CHATEAU DE LA RUE A MAUZAC« , Jean SECRET paru dans le BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU PÉRIGORD TOME XCV – Année 1968 – p 133